La fièvre du samedi soir: le Pitchfork festival




Lorsque mon Ami-Capillaire (oui c’est celui-là même) m’a demandé vendredi dernier : « Tu es chaude pour aller au Pitchfork festival ?» je pensais que c'était au sens figuré (PREVIEW: la blague est mauvaise). Mais visiblement il a pris cela au sens propre et, c’est ainsi que je l’ai retrouvée devant la grande Halle de la Villette, avec ses 39° de fièvre et une bonne grippe (c’est moi qui l’ai diagnostiqué) (fierté) (mais étant donné que je m’auto-diagnostique des tumeurs au cerveau plusieurs fois par jour je ne sais pas si je suis très fiable). Bref c’est donc deux êtres, bourré-aux-aspegic pour l'un et bourrée-tout-court pour l'autre, qui ont débarqué samedi soir au fameux Pitchfork festival aka LE festival hipster.

Il devait être 22h30 lorsque ça y est (oui parce qu’avant on a pris la mauvaise porte, je confond toujours  "Porte de Pantin" et "Porte de la Villette") (il y a le mot "Porte" dedans c'est compliqué) nous sommes entrés au Pitchfork, accueillis par Mariah Carey et son « All I want for Chrismas » (qu'on soit bien clair: Mariah n'était pas là, c'est un ENREGISTREMENT). Bon. Je croyais que c’était un truc hipster, première déception. Ceci dit en grosse amatrice de chansons d'un goût douteux j’adhère totalement (moins quelques 13 heures après, je vous l’avoue, quand il m’arrive d’avoir des réminiscences mariah careyste).

22h31 : Entrés dans la Grande Halle, oh il y a Breton (totale choc auditif entre Mariah et eux vous pouvez vous en douter). Après quelques péripéties impliquant des vestiaires, nous voilà pesant quelques 5 kilos et 10 euros de moins qu’on l’était en entrant.

Mon appareil à photo n'est plus le même depuis sa chute de Skpopje 2012 mais je l'aime bien quand même.

22h45 : Nous écoutons donc la fin de Breton qui nous livre une prestation pop, dynamique et vraiment pas mal du tout (constat 1 : je suis nulle pour live blogger des concerts) (constat 2 : sachant que c’est le but de ce blog j’hésite à me rouler en boule dans un coin). Ils me font penser aux groupes qu’on écoutait dans notre prime jeunesse, le coté rocker, cheveux gras, tee shirts larges, marche toujours. Oh ils nous remercient et disent que c’est grâce à nous qu’ils sont là en FRANÇAIS s’il vous plait (je me sens émue) (même si on a dû me les faire écouter pour la première fois il y a de cela 4 mois j’ai le sentiment d’avoir été une maille importante dans la chaine de la musique).

Ce qui est marrant avec le Pitchork festival (INDICE : ce n’est pas son prix) c’est qu’il y a deux scènes face à face avec les groupes qui se succèdent, ce qui donne d’intéressants mouvements de foule.

Le prochain groupe à 23h05 est Grizzly Bears, ma couronne de fleurs (comment cela en plus de la chemise à carreaux et du collier licorne ? Il ne faut jamais lésiner sur le accessoires) et moi frétillons d’impatience…Ca y est ils sont là (enfin je devine parce que étant donné mon mètre 50 impossible de voir quoique ce soit autre que les cheveux gras de la grosse anglaise devant moi) (« Etre petits ça craint » bientôt chez tous les bons libraires). Mais j’aime bien, enfin si on enlève ces anglais qui parlent pendant le concert, ce n’est pas comme s’ils chantaient forts les gars hein…si on récapitule ma situation géographique, devant moi une grosse anglaise aux cheveux gras, derrière un anglais racontant à quelle point il est fatigué d’être à ce festival et qu’il s’est couché tard (pauvre chaton) et enfin à ma droite un couple (des anglais probablement) des plus flippants qui ont apparemment décidé de relever le défi de ne plus décoller leurs lèvres l’un de l’autre de la soirée: aller à l’hôtel serait revenu moins cher on est bien d’accord.
Après un changement de place vers un poste plus stratégique nous voilà qui zoukons gaiement sur les Grizzly Bear (nan je déconne).



Nous sommes restés 1h30 debout (véritable miracle, pour une loque invertébrée comme moi, mon corps n'est plus adapté à de tels efforts), on décide de passer le concert suivant assis (affalés) sur des escaliers et regarder Disclosure de loin (mais ce qui me permet l’immense privilège de VOIR les DJ) (ils font des trucs vachement intéressants) (ils jouent du clavier à un moment) (ÉVÈNEMENT). Bon j’aime un peu moins mais ça me permet de travailler ma danse assise (danse qui a de nombreuses possibilités esthétiques dont la principale étant de te faire passer pour un con).

Ça y est, il est 1 heures, mon ami a oublié ses 39 de fièvre (j’ai essayé de le convaincre de faire un live blogging en direct de ses anticorps mais il n’a pas voulu) et se dirige d’un bon pas vers l’autre du bout du halle, avant de s’avachir mollement (dernier signe de vitalité avant une mort certaine si vous voulez mon avis)(je vais voir ce que doctissimo en pense).  Les messieurs règlent les lumières, la tension monte et il est là : Totally Enormous Extinct Dinosaurs arrive. Je l’aime déjà, il a des paillettes sur le visage, il a l’air gentil, il démarre direct avec Trouble, je suis en confiance c’est l’une de mes chansons préférées. On s’agite mollement dans ce qui voudrait être une danse mais je crois qu’un zombie électrocuté se débrouillerait mieux que nous (bon ok que moi).  

Dès la deuxième chanson une dame vient le rejoindre, elle est jolie, elle a une couronne de fleurs aussi sur les cheveux, je me sens en connexion. Mais dès la troisième chanson cela se gâte : il convie des danseuses sur scène, leurs danses (et ok leurs justaucorps) (d'habitude c'est le jeudi que c'est confession) m’hypnotisent, je me demande si un justaucorps dans la vie de tous les jours c’est jouable, ok mais pourquoi ils ont choisi cette couleur, et pourquoi avoir rajouté des queues c’est censé être un animal ou alors une réappropriation féministe du phallus, mais quels soutifs elles-ont leurs seins ne bougent presque pas, bref je suis perdue. Mais c’était bien. Je crois. 

Donc là c'est la dame avec la couronne de fleurs 

1h30 : Les lumières ça donne mal à la tête. Je me rend compte que je suis devenue une sale mamie. Mon ami est blanc, tremble, à mon avis il n'est pas au top de sa forme, on quitte TEED avec peines et regrets pour aller s’asseoir et lui faire prendre ses médicaments (je pense qu’un peu de vodka aurait fait l’affaire mais il a refusé) (il est pas marrant).



On revient se poser sur les escaliers pour Rustie. Et bien étrangement, j’ai beaucoup aimé, des remix efficaces, du rap un peu dégueux, et, comme vous pouvez vous en douter je me suis lâchée sur les escaliers de la grande Halle.

Il est 2h40, mon ami ne dispose plus de force nécessaire pour se plaindre, je crois qu’il est temps de partir, on passe devant un photomaton, lui demander d’immortaliser sa grippe avec moi ne le fait pas rigoler, apprendre qu’on va traverser le XIXème non plus et que j’ai oublié mes clefs encore moins.



L’année prochaine ça sera à mon tour d’être malade, on va bien rigoler !